Circulaire 8033 – Covid-19 – Décisions du Comité de concertation (CODECO) du 24 mars 2021

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Madame, Monsieur,
Malgré les mesures supplémentaires que je vous ai communiquées ce lundi à la demande du Premier Ministre et du Ministre fédéral de la Santé (circulaire 8027), le CODECO a pris hier de nouvelles décisions qui impactent fortement l’organisation de notre enseignement. Avant de les détailler, au regard de certaines communications qui ont été faites, il me semble essentiel de procéder à une mise au point.

Tout d’abord, je reste convaincue que vous avez tout mis en oeuvre pour que les écoles constituent les lieux les plus sûrs possibles. Les directions, les membres du personnel, les élèves et les parents ont fourni des efforts exceptionnels, accepté des contraintes quotidiennes importantes, pour rencontrer au mieux cet objectif.

Je regrette profondément que le sérieux des acteurs de l’école dans le respect des normes – parfois tellement complexes au regard de leurs réalités – ait pu être remis en question par certains, alors que vous méritez au contraire des remerciements infinis.

Entre les congés d’automne (Toussaint) et de détente (Carnaval), les écoles sont restées ouvertes en permanence, avec les modalités spécifiques de l’hybridation à partir du 2ème degré du secondaire. Malgré la montée en puissance progressive des variants plus contagieux à partir de janvier et le maintien de l’ouverture des écoles, nous n’avons pas connu de 3ème vague durant cette période.

Les écoles ne sont pas subitement devenues, en mars, le lieu de tous les dangers bien qu’il soit incontestable que des contaminations puissent s’y produire. Les enfants et les jeunes ne sont pas soudain devenus des bombes épidémiologiques, à qui il faudrait imputer la responsabilité de la crise.

Aucune étude scientifique, aucune observation n’est venue contester les principes qui ont guidé l’organisation de l’école en contexte de crise COVID depuis la rentrée. De l’avis du Commissaire Corona, les tendances à la hausse enregistrées récemment dans les écoles ne sont pas inattendues, puisqu’après chaque période de vacances (qui correspondent généralement à un ralentissement des activités professionnelles et de la mobilité), il est constaté une augmentation progressive qui reflète une circulation plus élevée du virus dans la société. D’autre part, on observe une augmentation majeure du testing, principalement dans le fondamental en lien avec les nouveaux protocoles de tracing et une surveillance accrue des collectivités scolaires.

Il est à noter que malgré cet élargissement du testing, l’incidence chez les 0-9 ans reste plus basse que dans les autres groupes d’âge.

Toujours selon l’analyse du Commissaire Corona, les infections sont jusqu’à trois fois plus souvent asymptomatiques chez les enfants. Or les experts confirment que les personnes asymptomatiques jouent un rôle moindre dans la propagation du virus que les symptomatiques.

Quoi qu’il en soit, la dégradation de la situation sanitaire globale dans notre pays – particulièrement le nombre d’hospitalisations en soins intensifs – justifiait sans aucun doute que des mesures fortes soient adoptées.

Dans mes prises de position, j’ai toujours indiqué que l’école devait rester la priorité nationale et ne fermer qu’en tout dernier recours, mais qu’elle devait participer à l’effort collectif si un reconfinement touchant aux différents secteurs devenait indispensable.

Les décisions du CODECO s’inscrivent ce contexte, dans la perspective de casser les dynamiques de transmission dans tous les pans de la vie sociale, dont les écoles, même si une large majorité d’établissements continuaient ces dernières semaines à fonctionner sans connaître de cas Covid.

A partir de ce lundi 29 mars inclus et jusqu’aux vacances de printemps (Pâques) :

  • Dans l’enseignement primaire et secondaire ordinaire et spécialisé, la notification du CODECO prévoit la suspension des cours en présentiel. Les examens et les épreuves de qualification qui étaient prévus peuvent toutefois être organisés.

Nous ne vous demandons pas d’organiser l’enseignement à distance pendant cette période. Nous demandons en revanche que les équipes restent disponibles pour les élèves qui auraient besoin d’un soutien à distance.

Les élèves sont présumés en absence justifiée.
Chaque établissement devra organiser un accueil des élèves régulièrement inscrits dans l’établissement pour lesquels aucune autre solution alternative de garde n’est possible pour les parents sans mobiliser des personnes à risque 1. Il doit être fait appel au maximum à la solidarité des parents à cet égard.

Dans ce cadre, la direction de l’établissement demandera aux parents de se signaler en vue de prévoir l’encadrement nécessaire à cet accueil. Des listes journalières de présence seront établies. Les élèves pour lesquels les parents n’auraient pas expressément déclaré leur présence à l’école, seront néanmoins accueillis. Il sera alors demandé aux parents de confirmer la présence de leur enfant pour les jours suivants.

Je précise que l’organisation de cet accueil ne doit être prévu que jusqu’au 2 avril inclus. Il ne sera en aucune manière demandé aux établissements scolaires d’assurer un service d’accueil minimal lors des vacances de printemps (Pâques).

  • Dans l’enseignement maternel, le CODECO a opté pour le maintien des
    leçons en présentiel. Ce choix peut s’expliquer par le fait que les contaminations dans l’enseignement maternel sont nettement moins élevées que dans l’enseignement primaire et secondaire, malgré un testing fortement renforcé des 0-6 ans depuis février.

Il pose par contre des problèmes très complexes sur le plan organisationnel pour les directions et soulève des questions d’égalité de traitement entre les membres du personnel.
Je sais que vous êtes également nombreux à vous interroger sur le sens de la décision dès lors que toutes les autres les mesures prises visent à limiter les contacts. Je ne peux que comprendre et entendre ces interpellations.

Je tiens également à souligner avec force que l’enseignement maternel est un enseignement à part entière et ne peut être assimilé à une garderie géante. Ce niveau a été récemment doté d’un référentiel des compétences initiales. Il constitue à mes yeux une des étapes-clé d’un parcours scolaire réussi et je n’ai de cesse d’encourager la fréquentation maximale du maternel dans l’attente d’obtenir un abaissement de l’âge de l’obligation scolaire à 3 ans.

Les membres des personnels de l’enseignement maternel méritent le plus grand respect pour les missions éducatives déterminantes qu’ils accomplissent ou contribuent à accomplir, et non parce qu’ils surveillent les enfants pendant que les parents travaillent.

Considérant ces différents éléments, tout en restant loyale à la décision prise au niveau interfédéral, je vous invite, lors de la semaine du 29 mars au 2 avril, à limiter autant que possible les contacts dans l’enseignement maternel.
Concrètement, cela implique d’organiser l’accueil des élèves régulièrement
inscrits mais de :

  • Ne pas prévoir d’activités pédagogiques impliquant l’acquisition de nouvelles compétences ;
  • Inviter les parents à garder au maximum leurs enfants à la maison ou à
    trouver des solutions de garde alternatives ne mobilisant pas des personnes à risque afin de participer à l’effort collectif de limitation des contacts (l’obligation scolaire ne sera pas contrôlée pour les 3èmes maternelles).

Vous trouverez, à la suite de ce texte, quelques compléments d’information utiles.

Pour conclure sur une note plus positive, je vous informe que l’objectif poursuivi reste bien la reprise à 100% en présentiel des élèves dès le 19 avril prochain. Les règles sanitaires à mettre en oeuvre dans le cadre de cette rentrée vous seront communiquées au début de la semaine prochaine, après concertation avec les experts sanitaires et les acteurs institutionnels de l’enseignement.

J’espère que la suite de cette année scolaire nous réservera plus de sérénité et de stabilité. Avec mes collègues du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous mettrons en tout cas toute notre énergie pour y arriver.

Je vous remercie pour votre attention.
Caroline Désir

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