Le circuit de l’échec vers le redoublement suivi par la relégation et/ou l’abandon est la hantise des parents.

Le nombre d’enfants qui redoublent est inquiétant: à la fin du secondaire, on peut considérer qu’ 1 enfant sur 2 a doublé au moins 1 fois et qu’ 1 enfant sur 4 a un retard de 2 ans ou plus. 1 enfant sur 3 quittera l’enseignement secondaire sans diplôme.

Les Indicateurs de l’Enseignement 2011 montrent que le taux moyen de redoublement, au lieu de s’amoindrir ne fait que grimper et que cette situation grève le budget de l’enseignement de plus de 335 millions d’euros par an qui pourraient être utilisés de manière beaucoup plus positive en accompagnant les enfants dès qu’une difficulté surgit plutôt que les faire recommencer le même parcours.

La FAPEO est notamment interpellée par les chiffres relatifs au redoublement et au retard scolaire: dans une même classe, plus d’1 élève sur 25 redouble en primaire, et près de 4 élèves sur 25 redoublent en secondaire! Ce sont les deux premières années du primaire qui connaissent le plus haut taux de redoublement pour ce niveau, alors qu’en secondaire “les 3e, 4e et 5e années du secondaire présentent des taux de redoublement proches, avec, en 3e, les taux les plus élevés. Ces taux augmentent régulièrement au fil du temps (jusqu’à 21,8 % pour la 3e en 2009‑2010)”.

Concernant le retard scolaire, 1 élève sur 5 termine ses primaires “en retard”. En secondaire, c’est carrément l’hécatombe:  1 élève sur 2 est en retard dans sa scolarité! La réforme du 1er degré, et la possibilité de suivre une année complémentaire au terme de la 1ère et de la 2ème année du secondaire, semblerait expliquer en partie ce constat alarmant: “La 1ère complémentaire semble donc avoir conduit à une augmentation du retard scolaire produit à l’intérieur du degré”.

Ces pratiques, loin de produire des performances, place notre Communauté dans les mauvais scores aux tests internationaux qui stigmatisent par ailleurs notre école comme étant l’une des plus inégalitaires. On peut ainsi s’interroger sur la fonction de l’école actuelle : est-ce l’école qui donne une chance de réussite aux familles ou sont-ce les familles qui donnent une chance de réussite à l’école ? Les parents souhaitent élaborer avec les autres acteurs de l’enseignement et la société une nouvelle approche qui prenne aussi en compte le vécu des familles : l’impact des apprentissages et difficultés scolaires dans les foyers et la pression de la culture de l’échec exercée sur les enfants et leurs parents.

La position de la FAPEO:

Dans son Plan Charlemagne (qui défend un enseignement différencié, adapté à l’enfant, sans échec et sans redoublement), la FAPEO remet en question cette politique de l’échec et demande à ce que les pratiques de redoublement soient éradiquées et que des évaluations formatives soient organisées.

« La culture de l’évaluation doit également être revue : l’évaluation doit essentiellement être conçue comme un outil qui permettra à l’élève et à l’enseignant de voir ce qui est acquis et ce qui pose problème afin de mettre en oeuvre un soutien adapté. Les évaluations certificatives seront externes, organisées à la fin de chaque niveau. Par ailleurs, la Belgique pratique le redoublement, contrairement à de nombreux autres pays. Cette pratique à laquelle tant enseignants que parents se sont habitués ne produit pas de résultats probants. Le redoublement, sauf dans des cas rares et spécifiques, n’est pas le meilleur moyen pour faire acquérir les connaissances. La Fapeo souhaite une refonte de ces pratiques« .

 «Le redoublement dans l’enseignement obligatoire en Europe: réglementations et statistiques», Etude européenne, 2011.