Analyse 2017 – 09/15 : L’illusion du bon usage des punitions à l’école.

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Ce qui met le feu aux poudres commence par un article[1] de presse .

Alors, les commentaires et les réactions drainées par les réseaux sociaux vont bon train. Ils interpellent à plus d’un titre, et sont très largement virulents. Il ne s’agit pas pour les commentateurs de critiquer seulement la proposition émise, mais de débattre de façon plus large sur le laisser-aller supposé de l’organisation de l’enseignement, du niveau qui « depuis des années ne fait que baisser (sic) ».

La proposition de remettre à plat les dispositifs de sanctions et de disciplines imposées par l’école ouvre un débat sur l’avenir de notre société clairement considérée comme trop permissive.

« Il est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (…) »[2] comme le dit si bien la chanson, ainsi pourrait commencer cette analyse car c’est cette première impression qui me conduit à rédiger ces quelques lignes sur le bien-fondé du maintien ou non, des dispositifs de sanctions et punitions au sein de l’école. Certaines situations pourraient trouver solutions dans l’application d’autres méthodes d’encadrement voire de travail. Tel l’usage de moments de détente et de relaxation afin de calmer les élèves dissipés, énervés ou en colère.

Proposer d’autres méthodes et revendiquer un autre mode de fonctionnement qui serait plus en cohérence avec une société démocratique égalitaire ouverte sur l’avenir semble faire partie d’un sujet tabou, voire honteux, inacceptable, intolérable.

Que dire dès lors, de ce droit pourtant inaliénable qu’est la possibilité de ne pas se soumettre aux règles estimées parfois injustes : le droit à la désobéissance constructive serait-il devenu illégitime ? Le droit de parler librement, de faire valoir ses idées, d’être ouvert sur d’autres choses estimées plus justes, deviendrait-il interdit ?

Ne pourrait-on plus déconstruire, décloisonner (s’inspirer d’autres techniques, d’autres usages en cours ailleurs avec d’autres savoir-faire), innover, progresser, faire œuvre de tolérance, être à l’écoute des nouvelles propositions, suggérer la fondation d’une « autre école », d’un autre type d’enseignement ?

Une école ouverte sur toutes les différences, sur tous les modes de pensées positives et tolérantes, qui veillerait d’abord au bien-être des enfants, au respect de toutes les familles, dans un cadre bienveillant où il fait bon de vivre ensemble, est-ce une idée indécente ?

Il me semble être un devoir de crier gare contre ce genre de dérive autoritaire, qui semble traverser, telle une lame de fond, notre société en crise, en mal de changements progressistes.

Lire l’analyse dans son intégralité : « L’illusion du bon usage des punitions à l’école » une analyse de Emmanuelle Plumat.


[1] Scagliola Demetrio, Les punitions à l’école, une méthode dépassée ? Voici la proposition que le PS souhaite « généraliser » pour les élèves , SudPresse du 17/11/2016, consulté le 31/07/2017, http://www.sudinfo.be/1720286/article/2016-11-16/les-punitions-a-l-ecole-une-methode-depassee-voici-la-proposition-que-le-ps-souh

[2] Paroles de la chanson La Bohème de Charles Aznavour

https://www.youtube.com/watch?v=Oj-3hk2L7MQ