Tou·te·s différent·e·s : « Les enfants dans des cases, c’est pas bientôt fini ? »

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Tou·te·s différent·e·s

La FAPEO constate.

Le constat est clair, le système éducatif en FWB divise, sépare, catégorise, étiquette, classe, relègue les élèves : le parcours scolaire d’un enfant n’est pas celui d’un autre en fonction des convictions religieuses ou philosophiques de ses parents, de son genre, du niveau socio-économique et des origines culturelles ou ethniques de sa famille, de ses résultats scolaires et de la capacité présupposée des parents à le soutenir ou non, d’un handicap visible ou invisible. Le Baromètre de la diversité 2018 d’UNIA consacré à l’enseignement a mis en évidence les biais à l’œuvre, dans les conseils de classe, en matière d’orientation subjective des élèves. À la FAPEO, cela fait des années que les parents en témoignent, sans que nous soyons en mesure de les objectiver.

Une école qui dit « oui » à l’inclusion !

L’inclusion est une approche dynamique qui répond positivement à la diversité des élèves et considère les différences non comme des problèmes mais comme des opportunités, permettant d’enrichir l’apprentissage. Ratifiée en 2006 puis signée en 2007 par la Belgique, la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées révolutionne la manière dont sont perçues les personnes porteuses d’un handicap, reste des actes à poser et des mesures à adopter.

Des parents nous interpellent sur la difficulté de maintenir leur enfant dans l’enseignement ordinaire malgré leur droit à refuser le conseil d’orientation établi par le CPMS. Les parents témoignent également de difficultés à la réintégration de leur enfant dans l’ordinaire. Selon les Indicateurs de l’enseignement 2018 :

  • 4 % des élèves inscrits dans l’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles fréquentent l’enseignement spécialisé. La part des élèves dans l’enseignement spécialisé augmente au fil des âges et cela jusqu’à 12 ans : augmentation de 5 % pour les filles et de 8 % pour les garçons.
  • Au terme de l’année scolaire 2016-17, sur 17.151 élèves du primaire spécialisé, seuls 149 ont obtenu le CEB. En fin de secondaire, 42 élèves ont obtenu le CES2D ou le CESS, 729 sortent avec un certificat de qualification professionnelle.
  • Actuellement, un plus grand nombre d’élèves bénéficient du dispositif d’intégration, à savoir 702 en 2012-2013 et 1.580 élèves en 2016- 2017. Ceux-ci représentent respectivement 9,9 % et 19,8 % seulement de l’ensemble des élèves qui fréquentent le Type On constate une augmentation de la part de l’intégration dans l’enseignement ordinaire par type d’enseignement entre les deux années de référence.

La FAPEO représente les parents de l’enseignement officiel dans les Commissions Territoriales de Transport Scolaire ainsi qu’à la Commission centrale et est au plus proche des préoccupations de parents sur la question. Au sein de ces Commissions notamment, nous constatons :

  • Qu’une série d’enfants passe 3 heures ou plus dans les transports scolaires quand il n’y a pas d’école spécialisée organisant la typologie et la forme d’enseignement dont l’enfant a besoin à proximité du domicile des parents.
  • Que ce sont souvent les publics plus précarisés qui dépendent du transport scolaire : leur refuser ce droit pour des raisons d’incidence financière pour les TEC ou parce qu’ils n’ont pas choisi l’école la plus proche du domicile (sans tenir compte de toute une série de critères comme la fratrie par exemple), c’est risquer le décrochage scolaire. Il existe un manque de vision à long terme sur l’avenir de l’enfant et c’est mettre en balance le choix des parents avec l’accès aux transports.
Dans les écoles, tous ensemble pour philosopher !

Depuis la rentrée scolaire 2017-2018, dans l’ensemble des établissements d’enseignement primaire et secondaire de l’Enseignement officiel, tous les élèves ont obligatoirement une heure de cours de philosophie et de citoyenneté. Cela signifie concrètement que les enfants et les jeunes d’une même classe suivent ensemble une période de ce cours. Cependant, le dispositif actuel laisse encore la possibilité aux élèves de choisir une période de religion ou morale, les élèves étant à nouveau séparés pour suivre un cours que nous estimons relever de la sphère privée, de l’éducation familiale. À l’école, tout au long de la scolarité obligatoire, dès 5 ans donc à partir de 2020, on laisse ses convictions au vestiaire.

Garçon, fille, c’est quoi le genre à l’école ?

Selon les indicateurs de l’enseignement 2018, l’enseignement générale compte plus de filles que de garçons, et les élèves de 16 ans y sont les plus nombreux. Le taux de redoublement généré en secondaire est plus élevé pour les garçons. A contrario, dans la forme professionnelle, caractérisée par une présence plus importante de garçons, les élèves âgés de 17 ans sont les plus nombreux.

La généralisation de la mixité n’a pas forcément résolu la question du genre malgré les progrès réalisés. Le système scolaire et les enseignants ont une part à jouer dans la construction des « rôles » et des compétences assignés aux « filles » et aux « garçons ». Aussi, les élèves sont priés de rester dans la « case » qui leur a été attribuée à la naissance. Certaines discriminations sont flagrantes (programme des cours de sports non mixtes, représentations dans les manuels, options de filles-options de garçons, tenues acceptées par le ROI, etc.) alors que d’autres sont plus insidieuses (partage de l’espace par exemple dans la cour de récréation, attitudes et postures de la part des équipes éducatives à l’égard des enfants, attentes normatives au niveau des comportements, temps de parole en classe, etc.).

Une charte devrait voir le jour, à la suite de l’adoption du décret relatif à l’acquisition de manuels scolaires, de ressources numériques, d’outils pédagogiques et de livres de littérature, au sein des établissements scolaires.

La FAPEO demande

L’inclusion

La FAPEO est convaincue que tous les élèves doivent pouvoir fréquenter une école de qualité, de leur choix, près de chez eux, avec des aménagements pour les élèves à besoins spécifiques et porteurs d’un handicap. Il est nécessaire de mettre en œuvre des mesures structurelles permettant de maintenir les jeunes dans l’enseignement ordinaire. Pour une politique volontariste en matière d’inclusion de tous les élèves avec leurs différences, nous attendons:

  • L’accessibilité aux infrastructures : Rendre la création d’école et rénovation des bâtiments conditionnées par le respect d’un cahier des charges: normes d’espace, d’accessibilité, d’hygiène, de sécurité et de confort pour les rendre accessibles et adaptés à tous les élèves.
  • L’affectation d’une personne de référence, dans chaque établissement scolaire, en charge de coordonner la mise en place des aménagement raisonnables.
  • Le contrôle de l’obligation de la constitution du Plan Individualisé d’Apprentissage (PIA) établi et suivi avec les parents comme partenaire éducatif; et incluant le Centre- psycho-médico-social.
  • Une évaluation processuelle du décret du 07/12/18 organisant la mise en place des aménagements raisonnables dans l’enseignement obligatoire.
  • La révision des critères d’accession au transport scolaire lors de recours introduits par les parents : inclure le « transport de fratrie » comme un critère recevable et supprimer le critère de non-attribution«commodité parentale», en visant à chaque demande «l’intérêt éducatif» de l’élève.
  • La mise en place d’une cellule de concertation entre le Cabinet de l’Enseignement de la FWB et celui de la Mobilité et des Transports de la Région wallonne, pour un pilotage efficace.
Une école qui rassemble les élèves pour philosopher

Un cours de Philosophie et de Citoyenneté de 2 heures, tous ensemble, dans toutes les écoles, tous réseaux confondus, c’est mieux .

  • L’obligation scolaire à 5 ans est une mesure soutenue par la FAPEO, mais, s’il vous plait, ne séparez pas ces jeunes enfants dès la 3ème maternelle pour des convictions religieuses ou philosophiques du domaine du privé.
  •  En ce qui concerne le formulaire de choix proposés aux parents : suppression du formulaire de choix; les deux heures sont la règle sauf demande des parents.
Une école consciente des enjeux liés au genre
  • L’aboutissement de la Charte des manuels scolaires pour que les dimensions qui entretiennent ou génèrent des discriminations liées au sexe et au genre ainsi que les rôles et caractéristiques qui leur sont habituellement attribués soient évacuées.
  • La mise en place du contrôle du respect de cette norme.