Communiqué de rentrée: une rentrée sous tension, la colère des enseignants ne faiblit pas… Les parents et les élèves dans tout ça?



FAPEO 21 août 2026

À première vue, certaines annonces de la rentrée semblent être de bonnes nouvelles. Mais la réalité est tout autre. Ne tombons pas dans le panneau. Les décisions prises comportent des conséquences négatives pour les élèves, les parents et les écoles. La FAPEO reste vigilante. 

Ne vous y trompez pas… L’élargissement de la gratuité jusqu’en 5P, au détriment de la qualité de l’enseignement?

L’extension de la gratuité des fournitures scolaires à la 5P est, certes, une bonne nouvelle. Mais depuis l’année dernière, les budgets attribués à cette même gratuité ont été divisés par trois. Comment les écoles vont-elles trouver deux tiers du financement manquant? En allant puiser dans leurs moyens de fonctionnement. En ce faisant, elles vont devoir renoncer à financer des sorties culturelles, des voyages scolaires, du matériel spécifique, etc. La qualité des apprentissages est mise à mal.

De plus, avec les décisions budgétaires annoncées en 2026, il deviendra tout simplement impossible de garantir des repas scolaires gratuits pour les élèves les plus précaires. C’est faire une croix sur l’égalité des chances. 

Nous rappelons avec force que la gratuité scolaire est un droit constitutionnel, pas une variable d’ajustement, ni une aide sociale. Ce droit ne concerne pas seulement l’accès à l’école mais aussi les conditions concrètes de l’apprentissage comme les fournitures, les activités et l’accès à une alimentation de qualité pendant le temps scolaire. 

Ne vous y trompez pas… Le décret de lutte contre le décrochage scolaire, une coquille vide?

Les chiffres sont alarmants. En 2025, plus de 100.000 élèves sont en décrochage scolaire (contre 32.000 en 2020). En secondaire, près d’un élève sur cinq décroche. 

En 2024, un nouveau décret prévoyait de mettre en place un plan de lutte contre le décrochage scolaire. Il devait être d’application à la rentrée 2025. Mais la ministre de l’Éducation a déjà reporté de deux ans sa mise en œuvre dans l’enseignement secondaire. Cet été, la majorité a révisé le décret de 2024 pour le vider de son sens et de son efficacité. 

Le décrochage et la santé mentale étaient une priorité du MR et des Engagés. Les mesures prises risquent d’aggraver la situation davantage… si elle est peut l’être encore.

Nous le répétons, la santé mentale des jeunes est alarmante. La ministre les laisse tomber.

Ne vous y trompez pas… Relever les seuils de réussite, c’est mettre élèves et enseignants sous pression

Alors qu’il est établi que la pression et l’échec scolaires alimentent le décrochage, la ministre réhausse de 50% à 60% les seuils de réussite des épreuves externes certificatives, dès juin 2027. CEB, CE1D et CESS : partout, les exigences augmentent, sans que les conditions d’apprentissage ni l’accompagnement des élèves ne soient véritablement renforcés. Avec une école toujours plus focalisée sur l’évaluation et la performance chiffrée, cette réforme va accentuer les inégalités et faire peser une pression supplémentaire sur les élèves, leurs parents et les enseignants.

Contrairement à ce que dit la ministre, relever les seuils ne fait pas monter le niveau des élèves par magie. Cela risque surtout de mettre davantage les élèves en situation d’échec. Et à l’heure où le gouvernement impose des économies à l’enseignement, cette hausse du redoublement pourrait coûter des dizaines de millions d’euros supplémentaires.

Plutôt que de renforcer encore la pression scolaire, il est urgent de donner aux élèves les moyens d’apprendre et de réussir et aux enseignants les moyens de les accompagner. Améliorer la qualité de l’enseignement, oui. Une école qui met davantage d’élèves en échec et davantage de pression sur les enseignants, non.

Ne vous y trompez pas… Le redoublement doit rester exceptionnel

Pour que le redoublement reste exceptionnel, les règles prévoyaient jusqu’ici qu’une décision de maintien fasse automatiquement l’objet d’un second examen par la Chambre de recours, sauf si les parents acceptaient la décision de l’école en première instance. Ce double regard permettait de s’assurer qu’une décision, aussi lourde pour un élève, était nécessaire et justifiée.

En 2027, ce recours ne sera plus automatique: ce sera aux parents de savoir qu’ils disposent d’un droit de recours, de connaître les démarches et de les entreprendre. Or de nombreux parents ne sont pas informés qu’ils peuvent contester une décision de redoublement ou ne savent pas comment le faire. Des élèves risquent ainsi de perdre une garantie essentielle, non pas parce que leur redoublement est nécessaire, mais simplement parce que leurs parents n’auront pas exercé un droit dont ils ignoraient l’existence.

Ne vous y trompez pas… Le tronc commun arrive en 1ère secondaire mais, pour la suite, on navigue toujours à l’aveugle 

L’arrivée du tronc commun en 1ère secondaire est une excellente nouvelle. Mais pour la suite, où va-t-on? 

Il est trop tard pour faire marche arrière: les élèves sont déjà engagés dans un parcours. L’organisation de la 2ème et de la 3ème secondaire est déjà inscrite dans le Code de l’Enseignement, il faut impérativement s’y tenir. Le changer en cours de route n’est pas possible.

Les écoles, les élèves et les parents ont besoin d’un cap clair et de lisibilité sur l’avenir de leur scolarité ! 

Ne vous y trompez pas, vous, parents, citoyens, électeurs n’êtes pas responsables d’un système en échec. Parents et enseignants, c’est ensemble qu’on construit un avenir meilleur pour les enfants!

Et la concertation ça sera pour la prochaine fois…

 

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