Des classes qui se tiennent sages ?

L’analyse en un coup d’œil :

Le titre fait référence au traitement des adolescents (à genoux, mains sur la tête) à Mantes-la-Jolie en France, en 2018. Des dizaines d’élèves ont été mis à genoux face à un mur en béton, surveillés de près par des policiers en tenue d’émeute. La scène a été filmée par un policier qui lançait : « Voilà une classe qui se tient sage ».

Les 4 et 5 juin derniers, lors de rassemblements contre la réforme de l’enseignement, la police a fait usage de nasses, de gaz lacrymogènes, d’immobilisations au sol, etc., à plusieurs reprises sur des manifestants, parfois mineurs. Nous nous interrogeons sur le respect de leurs droits fondamentaux lorsque le recours à des pratiques coercitives les expose à des contraintes physiques et psychologiques. Les mineurs ont le droit d’avoir une opinion, de l’exprimer, d’être entendus et de se réunir pacifiquement. Leur participation à une mobilisation est l’expression concrète de leur citoyenneté en construction. Les violences policières à l’égard des jeunes ne constituent pas un phénomène nouveau.

Depuis longtemps, des associations de terrain, des collectifs de mères et des organisations de défense des droits humains dénoncent les contrôles répétés, le profilage ethnique et les usages disproportionnés de la force à l’encontre des adolescents racisés et des habitants des quartiers populaires. Comment réparer ? Au niveau de la police, en examinant  sérieusement les faits rapportés et en formant aux droits de l’enfant. Au niveau des jeunes, en les informant  sur leurs droits et sur les voies de recours à leur disposition. Et, au niveau des adultes, s’organiser pour lutter contre les discriminations et les violences que subissent les enfants est un devoir.

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